Écrit après une promenade en août 2019 dans les ruelles de mon enfance à Tanger, ce poème fait revivre un quartier chargé de mémoire.
Les jeux d’enfants, les prières du muezzin, l’odeur du pain chaud résonnent encore.
Chaque pierre, chaque nom retrouvé rallume une lumière familière, où j’ai ressenti ce rare sentiment d’être pleinement chez soi.
J’ai remarché,
Dans mon Marshan,
Ce quartier qui m’a vu grandir.
J’y ai croisé
Mes pas d’enfant,
Dans la blancheur de ses murs.
Là se tenaient,
Comme des gardiennes du temps,
Les épiceries de mes dix ans,
Et les maisons des grands-parents.
J’y ai retrouvé
Les lieux d’antan,
Et leurs noms qui vibrent encore
Sur les pavés de mon cœur.
J’y ai revu,
Un demi-siècle après,
Mon école Kadiri,
Vieille façade en ruine,
Silencieuse comme un secret.
Là exhalait
Le four des Meggarou,
Toujours debout,
Avec sa chaleur et ses souvenirs.
Et ce vieil homme septuagénaire
Qui, d’un mot doux
Et d’un tendre sourire,
M’a gentiment reconnu !
J’ai réentendu,
Du haut de sa mosquée,
L’appel du muezzin,
Qui résonne dans les murs.
Et dans l’Outa vibrante,
J’entends encore les échos
De nos jeux de ballons,
Et la voix grave d’une foule en deuil,
Accompagnant l’adieu
Au cimetière du passé.
J’ai respiré,
Dans mon Marshan,
L’air de mon enfance,
La mer et la pierre,
Les jasmins et le pain chaud.
J’ai traversé
Les ruelles de la Quaria,
Sur les traces du gamin
Dévalant pieds nus
La falaise de Merkala,
Vers les eaux du Zhani
Et le rocher du Karian.
Rue de Kénitra, L’Outa, M’tafi,
Tant de noms,
Tant de souvenirs,
Revenus comme des évidences,
Comme une providence,
Par la mémoire fidèle.
Les visages ont changé,
Mais les pierres et les senteurs,
Repères intemporels,
Rassurent et réchauffent.
Apaisé,
Marchant dans mes dix ans,
Entre présent et passé,
J’ai promis à mon Marshan
D’y revenir plus souvent.

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