Tanger, lumière retrouvée

Chaque automne, Tanger garde des allures d’été indien : lumière éclatante, mer miroir, visages rayonnants. Dans cette clarté, je retrouve souffle et élan, comme un printemps de l’âme.

Ce poème, d’abord vaste fresque, s’est décliné en versions plus brève et chantante. J’ai choisi ici la forme ample et contemplative, précédée de quelques vers écrits comme une porte d’entrée poétique, une respiration en écho à Verlaine, où l’automne s’allège et le cœur se fait prière.

Car toutes les versions disent la même évidence : Tanger ne cesse de m’inspirer.

Octobre à Tanger… quand l’automne devient printemps.

La lumière y sème un lent enchantement.

Mes vers s’y font prière au souffle éclatant,

Qui défie le chagrin du temps languissant.

Octobre dissipe la grisaille,

La pluie se fait discrète, l’air s’adoucit.

Une lumière neuve déborde des façades,

Elle traverse les soupiraux,

Elle s’invite au cœur,

Et la ville blanche éclate d’éclat plus pur.

L’été se prolonge comme un bel été de Saint-Martin,

Offrant ses derniers fruits de chaleur.

L’hiver paraît lointain,

Et la respiration se fait plus ample, plus claire.

La mer, nappée de lumière,

S’étend comme un miroir sans fin.

On dirait qu’elle épouse le ciel,

Dans un mariage silencieux,

Été indien providentiel,

Oraison de bleu et d’argent.

Au-dessus des places animées,

Les oiseaux tracent leurs rondes légères,

Et le ciel, vaste toile sans nuage,

Semble peint par la main d’un maître.

Sur les terrasses des cafés,

Les sourires racontent les retrouvailles,

La joie simple d’être ensemble,

Le temps suspendu d’un après-midi clair.

Alors Tanger se fait printemps :

Lumière vibrante, couleurs vives,

Horizon grand ouvert sur la Méditerranée.

Elle captive, comme toujours,

Depuis Matisse et Delacroix,

Depuis Bowles et Williams,

Tous ces passants devenus fidèles.

Carrefour d’inspirations,

Ville phare du détroit,

Elle ne laisse jamais indifférent.

Et moi, fou d’amour pour elle,

Je m’y ressource à chaque retour,

Je m’y reconstruis avant l’hiver.

Sous ce soleil d’automne,

Tout est douceur, tout est tendresse.

Et mon cœur s’ouvre, léger,

Pour chanter la plénitude :

Tanger, lumière retrouvée.

Tanger, printemps de l’âme

La pluie se tait,

La grisaille s’efface,

La lumière revient,

Et dépose sa trace.

La ville blanche éclate,

En éclairs de clarté,

Comme si l’été

N’avait jamais quitté.

La mer scintille,

Miroir éternel,

Été indien,

Mariage au ciel.

Tapis d’azur, tapis de lumière,

Appel au silence, appel à la prière.

Dans les places qui brillent,

Les oiseaux dansent,

Sur les terrasses qui frétillent,

Chante l’alliance.

Visages rayonnants, verres levés,

Joie des instants, douceur retrouvée.

Alors Tanger redevient printemps,

Façades éclatantes, couleurs en chant.

Comme Delacroix, Bowles, Williams ou Matisse,

Tous furent conquis, tous l’aimaient jadis.

Moi, son enfant fier et fidèle,

J’y retrouve la force, j’y puise l’amour.

Sous son soleil tendre qui m’ensorcelle,

Mon cœur s’élève, léger troubadour.

Tanger… printemps de l’âme.


Commentaires

Laisser un commentaire