Marcheur d’hier et d’aujourd’hui

Écrit le 23 septembre 2025, trente-cinq ans après mon départ de Tanger, ce poème fait mémoire d’une traversée devenue fondatrice. À l’heure de l’équinoxe, il dit l’arrachement et l’enracinement, la blessure et l’espérance, la marche d’un migrant devenu citoyen du monde.

J’ai quitté mon soleil,

J’ai quitté ma mer bleue.

Un détroit traversé,

Des frontières franchies,

Et l’élan d’un jeune homme qui croyait en l’avenir.

Marcheur, le chemin se fait en marchant :

Mes pas ont dessiné une vie,

Bruxelles est devenue passion,

Terre d’attaches et de racines.

Les années ont filé comme un ruisseau,

Entre audace et silence,

Entre mémoire et recommencements.

La mer du Sud vit encore en moi,

Mais le Nord m’a offert son ciel changeant,

Ses amitiés, ses promesses.

Il me faut revenir parfois là où les souvenirs murmurent,

Là où la lumière me sourit, pour apaiser la blessure.

Car ici et là-bas, je suis un,

Un citoyen du monde,

Entre ciel d’ici et mer d’enfance,

Traçant ma route féconde.

Chaque automne, à l’heure de l’équinoxe,

Je pèse l’ombre et la lumière,

Je célèbre l’aventure

Et je souris à la route.

Nous sommes tous des passants, tous des migrants,

Égaux devant le souffle fragile de la vie.

Et moi, je continue de marcher,

Portant dans mes pas

L’adieu et la gratitude,

Le souvenir et l’élan,

Le départ et l’avenir.


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